Assurance Habitation et borne de recharge

En résumé : oui, dans la grande majorité des cas, une borne de recharge individuelle installée dans un garage privatif
(partie privative de la copropriété) est couverte par le contrat multirisque habitation (MRH) du copropriétaire ou du locataire qui l’a fait poser
— à condition de l’avoir déclarée à son assureur et que l’installation respecte les normes électriques en vigueur.
La situation change dès que la borne ou le câblage touchent les parties communes de l’immeuble :
c’est alors l’assurance multirisque immeuble (MRI), souscrite par le syndic, qui prend le relais.

Ce que couvre concrètement votre assurance habitation

Une borne de recharge, ou wallbox, posée à l’intérieur d’un garage ou d’un box privatif est juridiquement assimilée à un équipement du logement,
au même titre qu’une chaudière ou un tableau électrique. Dès lors qu’elle se trouve dans une partie privative, elle relève naturellement du contrat
MRH de l’occupant, qui protège les biens et installations situés dans son espace personnel, garage compris.

Concrètement, la garantie de base de la plupart des contrats multirisque habitation couvre :

  • l’incendie et les explosions ;
  • les dégâts électriques, notamment les surtensions et courts-circuits ;
  • le dégât des eaux ;
  • le vandalisme et, selon les contrats, le vol du matériel.

Cette couverture reste toutefois conditionnée à la conformité de l’installation électrique : une borne posée par un particulier non qualifié,
ou dépassant 3,7 kW sans intervention d’un installateur certifié IRVE
(infrastructure de recharge pour véhicules électriques), peut être exclue de la garantie en cas de sinistre.

Où la limite se situe : partie privative ou partie commune

C’est là que se joue la vraie distinction en copropriété :

  • Borne individuelle dans un garage privatif
    → couverte par la MRH du propriétaire ou du locataire occupant.
  • Câblage traversant les parties communes, colonne montante dédiée ou borne mutualisée en sous-sol
    → relève de l’assurance multirisque immeuble (MRI) souscrite par le syndic, qui couvre les biens collectifs et la responsabilité civile de l’immeuble.

En cas d’incendie dans un garage collectif, c’est l’assureur de la copropriété qui indemnise les dommages causés à la structure du bâtiment,
tandis que les dommages au véhicule électrique lui-même relèvent de l’assurance auto de son propriétaire, et non de l’assurance habitation.

Le « droit à la prise » : ce qu’il implique pour l’assurance

Depuis la loi LOM et les décrets qui l’ont précédée, tout copropriétaire ou locataire disposant d’une place de stationnement dans un parking clos
et couvert peut faire installer une borne à ses frais, sans vote préalable en assemblée générale : c’est le fameux « droit à la prise ».
Il suffit de notifier le syndic par lettre recommandée ; celui-ci dispose de trois mois pour s’y opposer pour un motif sérieux et légitime
(impossibilité technique, solution collective déjà existante, etc.).

Ce droit concerne l’installation, pas l’assurance : une fois la borne posée, c’est bien à l’occupant qu’il revient de la déclarer à son assureur
habitation pour l’intégrer formellement au contrat. Dans la pratique, cette déclaration n’entraîne généralement pas de surprime.

Trois réflexes à avoir

  1. Déclarer systématiquement l’installation à votre assureur, même si le contrat semble déjà « tout compris » :
    cela évite toute contestation en cas de sinistre.
  2. Faire appel à un installateur certifié IRVE, condition quasi universelle pour que la garantie joue pleinement
    et pour accéder aux aides financières.
  3. Vérifier le partage des responsabilités avec le syndic : demandez confirmation écrite que le contrat MRI de l’immeuble
    couvre bien les infrastructures communes de recharge (surtension, panne, incendie), notamment si une borne mutualisée est installée en sous-sol.

Le coût réel d’une installation, aides comprises

Depuis le 1er avril 2026, le programme Advenir, piloté par l’Avere-France, a revalorisé ses plafonds pour les copropriétés :
la prime pour une borne individuelle est passée de 600 € à 1 000 € HT, et celle pour une infrastructure collective
de 8 000 € à 12 500 € HT pour un parking comptant jusqu’à 100 places.

S’y ajoute une TVA réduite à 5,5 % sur la fourniture et la pose lorsque le logement a plus de deux ans.
Le crédit d’impôt spécifique aux bornes de recharge, quant à lui, a pris fin le 31 décembre 2025 et n’a pas été reconduit en 2026.

À retenir

Situation Assurance compétente
Borne dans un garage privatif Multirisque habitation (MRH) du copropriétaire ou du locataire
Câblage ou borne dans les parties communes Multirisque immeuble (MRI) du syndic
Dommage au véhicule électrique Assurance auto du propriétaire du véhicule
Installation non conforme, hors IRVE Risque d’exclusion de garantie

Sources


Article à jour à juillet 2026. Les montants d’aides et garanties contractuelles évoluent régulièrement :
vérifiez les conditions actuelles auprès de votre assureur et de votre syndic.
avant tout projet.